Annals of the university of craiova




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Дата28.11.2012
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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES



CULLER, Johnatan, 1988, On Puns, N. Y. Basil Blackwell, New York.

FOUCAULT, Michel, 1980, Power, Knowledge, New York, Pantheon.

HEIDEGGER, MARTIN, 1976, WEGMARKEN, V. KLOSTERMANN, FRANKFURT.

RORTY, Richard, 2000, Eseuri filosofice, Bucarest, Univers.

ULMER, Gregory, 1987, Applied Grammatology, Hopkins University Press.


ABSTRACT


This article presents American pragmatism as different and still responsive to the European social and political context and to European philosophy. Focusing on Richard Rorty’s philosophical works, the author explains that his leftist position constitutes the democratic liberalism in postmodern America. Rorty’s philosophical pragmatism, as debatable as it may be, finds its roots in his attitude towards a non-synchronic tradition and in his epistemologically shaping the truth which is contextualized from social and political perspectives. Rorty anchors American pragmatism in his contemporary reality and criticizes western ethnocentrism. Aiming at an example of human solidarity and objectivity, Rorty promotes science and recommends a future scientific pragmatics.

LA LITTÉRATURE D’ÉMIGRATION ΟU LE TRANSCULTUREL MÉTISSÉ*


George FRERIS

Université Aristote de Thessalonique, Grèce


MOTS – CLÉ

littérature d’émigration, métissage, identité racine, entre-deux, écriture décentrée


Mon intervention porte sur un sujet assez actuel et pourtant si vieux. Sur la littérature d’émigration, notion hybride encore au monde des lettres, mais si présente depuis des siècles, en particulier dans un des berceaux de la culture actuelle qu’est la Méditerranée orientale et Chypre, vrai pont-levis entre l’Orient et l’Occident. Cette notion de littérature d’émigration porte encore les empreintes d’une peur incertaine, comme si un monde bien solide, bien déterminé, va s’écrouler. On a encore peur de l’Autre, en particulier si celui-ci matériellement est pauvre, donc inférieur. Mais parfois il se peut que culturellement s’exprime mieux que nous, donc il est supérieur.

On sait que depuis l’ère où l’homme a cessé d’être un sujet et est devenu citoyen, c’est-à-dire dès l’époque du nationalisme, que la littérature a été inclue au patrimoine de la culture et de l’idéologie nationales, parfois même axée et centrée à décrire les vertus de la nation et à valoriser certains comportements historiques, les rendant ainsi, non seulement symboles, mais également des « recettes » pour l’avenir. Cette conception de manipulation de la littérature par des idées centrées sur un espace restreint, l’espace national, au-delà de la difficulté de permettre à cette littérature de se renouveler, a créé des idéologèmes dangereux, dont les conséquences néfastes n’ont pas encore été dépassés. Au contraire, l’idée nationale dans le domaine littéraire, idée réelle jusqu’à un certain degré, a créé des utopies qui dépassent les fonctions imaginaires de la littérature touchant la sphère de l’irrationnel.

Or, nous savons aujourd’hui que la littérature naît de la littérature, que tout texte est le résultat d’une série d’éléments réceptifs que tout auteur combine pour fabriquer son texte, pour créer son œuvre, pour arriver à constituer une poéticité littéraire, une poéticité à partir d’une langue partagée aujourd’hui entre plusieurs partenaires de nationalité différente, où plusieurs cultures empruntent le même code langagier en l’ensemençant et en lui donnant des couleurs bariolées, exprimant dans le domaine culturel, un aspect équivalent de l’universalité économique actuelle.

Ce nouvel aspect littéraire qui apparut dans les années quatre-vingt sous l’appellation de « littérature beure » en France et qui a été conçue, non sans raison, comme une conséquence du phénomène post-colonial, occupe aujourd’hui encore une place importante dans les études francophones que certains critiques le présentent comme constituant un champ littéraire à part1. Dans cette dynamique critique, le phénomène de la littérature d’émigration s’est inscrite comme domaine de recherche et se focalise sur les enjeux sociaux et identitaires posés par cette littérature qu’on a d’abord confinée dans un registre ethnographique, puis on a mis l’accent sur ce thème littéraire le définissant comme « un discours qui produit ses propres modalités d’écriture qui ne prennent cependant tout leur sens que lorsqu’on les situe dans une perspective postcoloniale » (Albert, 2005: 19).

Cette littérature ne comprend pas les œuvres qui mettent en scène des travailleurs immigrés dans des autobiographies d’intellectuels venus en Europe pour la visiter ou poursuivre leurs études. Cette situation d’exil, vécue par les écrivains comme une manière « de refuser le statut marginal et excentré dans lequel les colonisateurs cherchaient à les cantonner à travers le secteur périphérique de la littérature coloniale, à la fois régionaliste et exotique » (Albert, 2005: 29)2 appartient à la littérature des grands espaces (francophone, anglophone, hispanophone etc.). Cette littérature ne comprend pas non plus les œuvres produites par des écrivains qui donnent une place centrale à la problématique de l’immigration puisque l’écriture de l’immigration est restée marginale dans l’institution littéraire jusqu’aux années ’80. Ce n’est qu’après ces années que les littératures de l’immigration  acquérront une certaine visibilité institutionnelle, soit en identifiant cette littérature par des traits à caractère ethnique (littérature beure) ou social (littérature de l’immigration). Le sort de ces nouvelles littératures métissées ou migrantes ou de l’immigration oblige les critiques à « questionner de manière nouvelle les critères qui fondent les littératures nationales en remettant en question la notion d’identité nationale comme un concept faisant référence à une population née dans un même pays et partageant un certain nombre de valeurs constitutives de son homogénéité » (Albert, 2005: 71).

Malgré l’ambiguïté de leur reconnaissance institutionnelle, les « écrivains beurs » p.ex. ont ouvert une brèche dans l’institution des littératures nationales. Ils ont contribué à l’émergence des écrivains qui, autour des années 1990, ont déployé une « écriture décentrée », déterritorialisée, mettant en scène la figure de l’écrivain migrant. Ils désancrent littérature et nation et récusent toute conception monolithique de l’identité, toute indentification avec une nation ou un pays où s’ancrerait une « identité racine » comme dirait Glissant, et revendique leur appartenance à des univers culturels différents et non exclusifs les uns des autres.

Cette problématique est traitée sous deux angles : celui des « traits constituants du personnage » et celui de la reconfiguration de la « quête identitaire », importante depuis l’époque coloniale. En ce qui concerne « les traits constituants du personnage », nous devons noter que depuis la colonisation jusqu’à nos jours, les romans de l’immigration mettent en scène des personnages victimes de l’exclusion ou de la précarité sociale, et « en délicatesse » avec la justice. De plus, ils sont souvent guettés par le piège ethniciste, consistant à « réduire [une] identité narrative singulière à un certain nombre de stéréotypes qui construisent un immigré “type” qui s’oppose à l’expression d’une parole singulière et d’une altérité authentique ». En ce qui concerne la « quête identitaire », nous constatons une évolution dans le sentiment d’appartenance identitaire du personnage immigré. Si, au départ, le « retour au pays natal » était un espoir certain, à partir des années quatre-vingt, l’immigré ne semble plus trop savoir quel est son lieu d’appartenance. L’identité devient problématique. De plus, les auteurs refusent les catégories collectives, notamment nationales, qui leur paraissent inutilement simplificatrices. Ils se présentent comme n’étant « ni français ni autre chose » ou, ce qui revient presque au même, comme étant « et français et autre chose à la fois ». L’absence d’ancrage identitaire dans un territoire produit un discours identitaire en rupture avec les discours nationalistes. Et ce phénomène on le constate un peu partout en Europe qui accueille pour des raisons économiques de la main d’œuvre.

Ces littératures de l’immigration déploient une « écriture de la démaîtrise » et du « hors-lieu ». La démaîtrise se traduit par la déconstruction du schéma initiatique, courant dans les romans de la première heure. Elle permet de rendre compte d’une nouvelle réalité, qui ne peut plus être appréhendée de façon rassurante et structurée. De plus, ne présentant plus une image valorisée, voire mythifiée, les récits de l’immigration sont plutôt marqués par le « sceau de l’hybridité, de la marginalité, du nomadisme littéraire et du syncrétisme », bref, par des caractéristiques de la condition postcoloniale. Enfin, par « écriture du hors-lieu », on entend une écriture « située sur une limite, une frontière renvoyant à une fondamentale précarité liée aux bouleversements coloniaux puis postcoloniaux et au climat de tension et d’inquiétude qu’ils ont produit pour l’artiste ». Élaborant « des espaces de médiation entre plusieurs langues, plusieurs histoires, plusieurs imaginaires », l’écriture de l’immigration peut être saisie comme une « écriture de l’entre-deux » et du « Tout-monde », à coup sûr comme un culturel ou un transculturel métissé.

Ces littératures et leurs effets agissent à deux niveaux : d’une part, ils obligent à repenser un certain nombre de catégories littéraires préétablies et notamment celles des littératures nationales, et d’autre part, ils opèrent un décentrement et un réaménagement des dispositifs identitaires permettant de fonder le sentiment d’appartenance à un territoire, un pays ou une nation. En somme, on pourrait dire que les littératures de l’émigration invitent à une complète réorganisation des études littéraires, qui ont encore comme assises des exemples des temps passés. Mais à voir comment critiques et théoriciens continuent à utiliser les notions de « littérature migrante » ou « littératures des immigrations » au moment même où ils en dénoncent les effets négatifs (réduction, exclusion, nationalisation), on peut dire que la mort du paradigme du long XIXe siècle n’est pas pour demain.

L'identité est un assemblage d'éléments culturels et anthropologiques tributaires de l'héritage ancestral et de la situation socio-historique. Elle est donc en mutation constante. Le regard pessimiste des écrivains émigrés contemporains n'est que le reflet d'une décadence politique et d’un malentendu historique. La plupart des œuvres d' « émigration » décrivent l'incompréhension qui marque la difficulté d'une rencontre tumultueuse entre le moi national et l'autre occidental et la littérature d’émigration, et ainsi la littérature d’émigration devient une alliance originale d’unité et de diversité, un métissage des cultures qui permet au lecteur d’élargir, d’approfondir et de diversifier l’idée de son identité. Utilisant et façonnant le code langagier, l’écrivain, et par extension le lecteur, fabrique à sa manière, à partir d’un sol et d’un mode de vie qui lui est propre, un univers par rapport à l’Autre, par rapport au contexte polyculturel, par rapport au monde polyvalent où il s’y reconnaît, malgré ses traits distincts qu’il présente sous une forme idéalisée.

Cette « nouveauté »  qui provoque une faille à la notion restreinte de la nation, oblige le nouveau public élargi à se pencher sur la création culturelle de l’Autre. Cet ensemble multiculturel, voire plurilingue, dans aucun cas ne signifie qu’une seule langue postule nécessairement une seule et unique culture. Au contraire cette forme de littérature de métissage devient une forme d’expression linguiste où se syncrétise une pluralité de cultures, un domaine linguiste où l’identité du moi se confronte avec l’Autre, à tel point qu’elle devient idéal et même utopie.

Ainsi s’établit le dialogue en tant que réflexion collective au service d’un monde à construire ensemble à partir d’une connaissance réciproque, pour répondre aux questions cruciales de nos jours: comment se comprendre au-delà des contradictions? comment entreprendre cette construction avec la diversité des cultures? et comment imaginer à le construire? Repenser le passé est un chemin vers la compréhension du présent et celle du futur. Comment l’histoire de l’Homme se transforme en l’expression d’un langage politico-poétique? Comment seront touchées l’écriture et l’oralité, avec la violence qui est celle de la domination et du pouvoir quasi mythique? L’écriture fortement liée à « sa » culture, comment arrive-t-elle à imaginer l’autre et à s’imposer pour construire « une identité »? Une réflexion à triple dimension (historique, philosophique et littéraire) semble nécessaire pour « tailler » cet espace de la rencontre des orientalistes et les spécialistes des sciences humaines, ainsi que les civilisationnistes et les littéraires. L’Orient s’entend au pluriel, proche, moyen, extrême, et il devrait, en retour, en être de même pour l’Occident, toujours à la fois proche, moyen et extrême.

L’identification qui est, pour certains, une conséquence grave de la mondialisation, et pour bien d’autres, un défaut de nature de l’Homme vis-à-vis de l’autre, provoque chez les spécialistes des sciences humaines, notamment, une réflexion acharnée sur le problème de l’identité, autour duquel se développent les études inter/transculturelles et toutes les théories sur l’expérience de l’Orient dans le contexte de l’Occident, ou sur l’expérience de l’Occident dans le contexte de l’Orient. A l’opposé de l’identité, le mélange ou le métissage, lui aussi controversé, souvent mal compris reste à son tour à définir.

Cet axe de recherche est conçu dans le cadre des études civilisationnistes et interdisciplinaires. Il vise à favoriser une rencontre entre orientalistes et spécialistes des sciences humaines par une série d’études thématiques opérant question par question,  ainsi qu’à mettre en œuvre  une approche commune du travail de chacun dans son champ de recherche respectif.

Comment trouver ou protéger son identité dans ce complexe processus d’identification? Comment ne pas se perdre, dans le tissage des cultures, leur continuel échange?  Il semble exister deux grandes approches de l’autre. La première  met l’accent sur la recherche du  « même » chez l’autre; la seconde sur les différences.  Le « même » semble plus « rassurant » pour le je face à l’autre, mais il devient finalement plus inquiétant et peut conduire à l’élimination de l’autre.

Or, les études de réception littéraire, mais aussi de réception des idées, des modes de pensées visent à constituer et / ou à reconstituer peu à peu une « morphologie de la volonté de savoir » (Michel Foucault) de l’autre, représentée principalement par l’imaginaire de l’autre et de soi dans le regard de l’autre. Nos études sur ce sujet pourront s’effectuer sur deux plans: en fonction de l’époque et en fonction du champ de réception.

Pour mieux démontrer tout ceci, je vais illustrer très brièvement cet aspect théorique par deux auteurs francophones grecs : l’un est Vassilis Alexakis3 qui écrit dans les deux langues, l’autre est Théo Crassas4, d’origine chypriote qui ne compose qu’en français. Le premier, utilise la prose et après s’être aventuré dans le récit romanesque, dans les années ’80 il s’est orienté vers la quête de l’identité. Une identité recherchée sur plusieurs niveaux, comme celui de l’autoconnaissance de soi ou de la prise de conscience du moi (Paris-Athènes), de la recherche de sa langue maternelle (La Langue maternelle), de la recherche chez l’Autre (Les Mots étrangers), de la recherche de son passé (Je t’oublierai tous les jours), de la recherche culturelle (Après J.-Ch.). Le second, cherche son identité à travers l’alliage culturel entre l’Orient et la Grèce antique, démontrant par ses plus de 40 recueils poétiques, tous composés en français, que sa quête d’identité est centrée sur une mystique de l’Amour qui prend source du néo-platonisme, se développe dans le soufisme persan et mûrit dans le tantrisme de l’Inde. Tous les deux expriment une littérature où le moi national s’est intégré au moi de l’autre. Une littérature où le transculturel est naturel, où le national est étrange, où le réel côtoie le surréel et le surréel exprime une réalité si simple. Une littérature où le métissage est norme, source de richesse et surtout point de départ d’une ouverture créatrice.

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