Traduction d’Émile Jonveaux




НазваниеTraduction d’Émile Jonveaux
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27 ; système dont les avantages, en somme, surpassent les inconvénients, au moins pour les petites localités.


Néanmoins, dans une foule, ce groupement des industries ne sert pas à grand’chose ; les rues, à cette heure du jour, sont encombrées au point que l’on étouffe, et, par surcroît, un gigantesque chameau s’avance lourdement comme un vaisseau mal gouverné ; il porte sur son dos une planche qui menace les têtes des passants, ou deux énormes charges de bois à brûler aussi grosses que son corps, et il balaye devant lui hommes, femmes et enfants, tandis que le conducteur perché sur la bosse regarde avec une suprême indifférence ce tumulte dont il est cause. De temps en temps, la rue est encombrée par une file entière de ces animaux, attachés les uns aux autres, et fort incommodes quand on les rencontre dans un passage étroit.


Nous nous sommes frayé une route au milieu de ces obstacles, et nous nous trouvons maintenant devant les boutiques des selliers et des cordonniers ; nous arrivons ensuite à celles des chaudronniers et des forgerons, dont le vacarme pourrait réveiller les morts ou tuer les vivants. Enfin nous débouchons sur la place centrale, qui n’est ni laide ni irrégulière, au moins pour le Cacim. Sur l’un des côtés s’élève la djamia (grande mosquée), édifice qui date de deux siècles environ, autant que l’on en peut juger par l’aspect extérieur, car il ne porte nulle part de millésime ni d’inscription.


En face s’étend une galerie ouverte qui a quelque analogie avec celles de Bologne. Des habitants assis à son ombre s’entretiennent des nouvelles du jour ou causent de leurs affaires. Au centre de la place, des chameaux sont accroupis à côté de ballots de marchandises amoncelées, dont le café, le henné et le safran forment une large part. Cependant, à l’époque de notre arrivée, le commerce était fort languissant, car le siège d’Oneyza, fait par les vouahabites, absorbait une partie de la population, et les escarmouches continuelles rendaient les routes peu sûres.


Plusieurs rues partant de la place rayonnent dans toutes les directions ; chacune d’elles contient un marché destiné à telle ou telle denrée particulière ; les fruits, les légumes et les épices sont vendus par les femmes, et nous devons dire, à la louange du beau sexe de Bereyda, qu’il ne se montre nullement inférieur aux hommes pour l’entente des affaires.


Un autre jour, dans l’après-midi, la ville fut mise en émoi par un cri d’alarme. Parti de la haute tour de garde, il trouva de nombreux échos dans les avant-postes de la plaine. Des cavaliers d’Oneyza s’étaient avancés jusqu’à la ville, et se ravitaillaient aux dépens des faubourgs. Mohanna, forcé de quitter ses trésors, sortit du palais pour enjoindre aux habitants de prendre les armes et d’aller où la gloire les appelait. En un clin d’œil, les rues et les places furent désertes ; chacun partait au plus vite, non pour marcher au champ d’honneur, mais pour se cacher dans sa maison, dont il refermait la porte au verrou, aimant mieux feindre l’absence que de s’exposer à la désagréable alternative de désobéir ouvertement au gouverneur, ou de combattre ceux-là mêmes dont il souhaitait ardemment le succès. Les satellites de Mohanna recrutèrent pourtant une quarantaine de ces guerriers récalcitrants, qui, une fois pris, firent contre fortune bon cœur, saisirent leurs lances et leurs mousquets, et sortirent de Bereyda avec l’héroïque détermination de ne pas combattre l’ennemi. Leur bande se grossit d’une troupe beaucoup plus considérable de soldats nedjéens, qui, guidés par leurs chefs, avaient quitté leurs tentes avec une résolution tout opposée. Quelques-uns, outre les armes ordinaires, portaient la courte dague de 1’Yémama, et à défaut d’un tranchant bien aiguisé leurs sabres avaient une rare solidité. Baracat et moi nous grimpâmes sur un monticule en dehors des fortifications, d’où nos regards s’étendaient sur la plaine qui allait devenir le théâtre de la lutte.


Les défenseurs d’Oneyza, tous à cheval, et moins nombreux de moitié que leurs ennemis, s’étaient disséminés au milieu des maisons et des jardins ; ils ne faisaient aucun mal aux habitants des faubourgs, se contentant de s’emparer du butin qui se trouvait à leur portée. Ils se rangèrent le long des habitations et une vingtaine d’entre eux se détachèrent pour aller au-devant des agresseurs. De leur côté, les Nedjéens s’arrêtèrent et se formèrent eu ligne. La tactique d’une bataille arabe est fort simple. La cavalerie se place en tête et provoque l’engagement, tandis que les hommes montés sur des chameaux, qui constituent le corps principal, restent en arrière comme réserve. Quand l’action devient sérieuse, c’est-à-dire quand le sang a coulé, on fait agenouiller les chameaux qui deviennent chacun une sorte de rempart, derrière lequel s’abritent deux hommes armés de fusils ; la cavalerie s’écarte, et la fusillade continue, jusqu’à ce qu’une attaque de flanc détermine un engagement général. Les Nedjéens, différents en cela de la plupart de leurs compatriotes, préfèrent le carnage au butin ; ils ne font ni ne demandent quartier et, tant qu’il reste des hommes à tuer, ils ne pensent pas au pillage. Aussi, quand une armée se compose de vouahabites, on peut s’attendre à une chaude affaire, et, bien qu’une hécatombe de six ou sept cents hommes sur un champ de bataille soit une bagatelle pour l’Européen, elle paraît aux Arabes un sanglant massacre, et de pareilles affaires sont réservées aux seuls vouahabites. Je reviens à l’escarmouche qui a eu lieu devant nous.


Les cavaliers de Bereyda répondent à la provocation de l’ennemi eu s’avançant au galop les uns dans un sens, les autres dans un autre, tandis que les Nedjéens, montés la plupart sur des chameaux, sont obligés d’attendre. Trois ou quatre d’entre eux cependant ont un cheval et s’avancent les premiers. Il en résulte des manœuvres équestres fort curieuses, et une bruyante fusillade ; mais les habitants de Bereyda, d’accord avec ceux d’Oneyza, se sont promis que jamais leurs balles ne blesseraient un compatriote. Ils décrivent des cercles semblables à ceux des hirondelles qui tournoient sur un lac, jusqu’à ce qu’enfin les vouahabites, perdant patience, se décident à mettre en ligne un de leurs détachements pour finir cette bataille pour rire. Les Nedjéens, maintenant dix fois plus nombreux que les guerriers d’Oneyza, doivent les accabler sans peine ; aussi ces derniers jugent-ils à propos de ne pas les attendre : ils se retirent en bon ordre au milieu des bosquets, et longtemps avant que leurs ennemis, armés de l’antique fusil à mèche, aient eu le temps de tirer, ils sont à l’abri derrière un rideau d’arbres. Le combat cesse donc, faute de combattants ; mais les héros de Bereyda pensent le moment venu de faire éclater leur bravoure : ils lancent leur cheval à fond de train, poussent des cris, déchargent leurs mousquets et rentrent enfin triomphalement dans la ville après quatre heures d’absence. « Les deux partis n’avaient eu heureusement aucune perte à déplorer, » pour me servir des expressions qu’auraient certainement employées les journaux du lendemain, si le Cacim en avait eu. Aussitôt après le retour des vainqueurs, les habitants qui s’étaient cachés dans leurs maisons, sortent pour s’occuper de leurs affaires, et les rues reprennent comme par enchantement leur aspect accoutumé.


Le naïb Mohammed-Ali, qui venait avec nous à Riad en qualité de chef officiel des pèlerins persans, pour s’y plaindre des pertes et des exactions qu’avaient supportées ses compatriotes, cherchait naturellement l’occasion de faire avec nous plus ample connaissance. C’était de tous points un vrai Persan. Agé d’une soixantaine d’années pour le moins, il conservait encore sa vigueur corporelle, et la vivacité de son esprit serait demeurée intacte, s’il ne s’était adonné à l’opium. Sa barbe et ses favoris, teints soigneusement avec une couleur noire mélangée de henné, lui donnaient de loin l’apparence d’un homme de quarante ans. Il parlait l’arabe fort mal, le turc un peu mieux, et l’indoustani avec une pureté parfaite, car il avait été longtemps l’agent de la Perse à Haïderabad. Il était gai, spirituel, grand parleur, rusé en affaires, quoique facile à tromper comme la plupart de ses compatriotes. Son humeur enjouée ne l’empêchait pas de se livrer parfois à de violents accès de colère ; enfin, c’était un dévot chiite , un adorateur fervent d’Ali et de Mâdi, dont il suffisait de prononcer les noms devant lui pour qu’il se prosternât le visage contre terre.


Septembre touchait à sa fin. Mohanna désigna le guide qui devait conduire aux rives de l’Euphrate Tadj-Djihan et ses compagnons de pèlerinage. Les Persans payèrent le prix fixé pour leur délivrance et prirent la route du nord-ouest ; vingt-cinq jours de marche, pour lesquels ils n’avaient que des provisions insuffisantes, les séparaient de leur pays ; néanmoins, quand je passai à Bagdad au printemps suivant, j’appris avec satisfaction qu’ils étaient tous arrivés sains et saufs.


Enfin, les préparatifs étant terminés pour notre départ, Abou-Eysa le fixa définitivement au 3 octobre ; c’était un vendredi, autant qu’il m’en souvient. Comme nous n’avions pas revu Mohanna depuis notre première audience, nous ne crûmes pas devoir prendre congé de lui en quittant la ville.


Notre petite caravane se réunit près de la porte orientale, un peu an nord de la tour de garde et à une faible distance des tentes de Mohammed, fils de Feysoul.


Comme nous étions exposés, dans les premières étapes, à rencontrer des bandes de pillards, le gouverneur avait fourni au Naïb, non sans beaucoup de répugnance, une garde de trois ou quatre hommes armés de mousquets, qui ne nous accompagna que jusqu’aux frontières du Cacim.


Une aventure bien caractéristique du pays nedjéen où nous avions pénétré nous arriva à Medjmaa. La provision de tabac du Naïb commençait à s’épuiser ; il ne savait comment réussir à la renouveler dans un pays où cette plante est connue seulement sous le nom de la honte, quelquefois même sous une qualification pire encore et tout à fait intraduisible, qui impliquerait qu’elle est un produit du diable. Qui donc alors pourrait songer, je ne dis pas à consommer, mais à vendre ou même à posséder une substance aussi vile ? En ce monde cependant, et dans le Nedjed aussi bien qu’ailleurs, il n’y a pas de loi qui ne soit éludée, pas de défenses douanières que la contrebande n’enfreigne. Un espoir, fondé sur la faiblesse de la nature humaine, poussa Hosseyn, l’un des serviteurs du Naïb, à faire une battue, argent en main, dans les boutiques de Medjmaa ; ses questions pour obtenir la honte n’eurent d’autre résultat que de causer un immense scandale. Il finit par s’adresser à Abou-Eysa, qui, familiarisé de longue date avec le pays, connaissait des manœuvres que la grossière cervelle d’un enfant de Bagdad ne pouvait deviner. Notre ami, s’étant souvent trouvé dans le même embarras que le Naïb, avait appris à distinguer les faux semblants de la réalité. Les fumeurs ne sont pas rares au Nedjed, et l’on compte parmi eux plus d’un nom illustre. Pourvu de la somme nécessaire, le guide sortit pour se livrer à une recherche moins bruyante, mais plus fructueuse que celle du Persan, et il reparut bientôt avec un sac contenant au moins un kilogramme de la feuille diabolique ; il le tendit au Naïb, non sans avoir prélevé une commission en nature, assurément bien gagnée, qu’il ne manqua pas de partager avec nous.


Nous arrivâmes deux jours après à Toweym, grande ville qui renferme environ quinze mille habitants. Elle n’est pas aussi avantageusement située que Medjmaa ; de plus, bâtie au niveau du second plateau de la montagne, elle a un climat beaucoup moins agréable. Les maisons, pressées les unes contre les autres, ont en général deux étages, quelquefois même trois ; les chambres du rez-de-chaussée atteignent jusqu’à quatre mètres cinquante d’élévation ; les autres, à trois mètres ou trois mètres soixante centimètres ; enfin le toit est entouré d’un mur haut d’un mètre quatre-vingts. Les habitations présentent donc un aspect assez imposant, mais leurs propriétaires n’ont fait aucune tentative pour les orner, ni même pour établir entre elles quelque symétrie. Les rues, étroites et tortueuses, feraient désirer l’établissement d’un système de ventilation qui permît d’y respirer plus librement. Inutile d’ajouter que, dans un pays où la sécheresse est extrême, les voies sont rarement pavées et n’ont véritablement pas besoin de l’être.


Le marché, remarquable par sa grandeur, est situé près des remparts, au lieu d’occuper, comme il arrive d’ordinaire, le centre de la ville. Sur un des côtés de la place s’élève une mosquée vouahabite. La mesdjid (littéralement, lieu où l’on se prosterne) de Toweym ressemble, d’une manière frappante, à une gare de chemin de fer ; la seule chose qui l’en distingue, c’est que les voyageurs ne peuvent y trouver aucune espèce de rafraîchissements, à moins que l’on ne veuille appeler ainsi l’eau destinée aux ablutions des fidèles. Les portes de la ville ont une épaisseur extrême, elles sont gardées le jour et fermées pendant la nuit ; un fossé profond, mais dépourvu d’eau, défend l’abord des fortifications, que le gouverneur a soin d’entretenir en bon état.


En passant à Dereya, je me rappelai un de mes infortunés prédécesseurs, un Européen qui, pour explorer l’Arabie centrale, avait jugé à propos de prendre le costume d’un derviche, et qui avait teint de son sang les murs de cette ancienne capitale des vouahabites.


Le lendemain matin, notre petite caravane se partageait en deux. Le Naïb avec ses serviteurs et les prétendus Mecquains demeuraient en arrière, tandis que Baracat et moi nous prenions les devants avec Abou-Eysa, qui devait avertir Feysoul de l’arrivée du dignitaire persan. Au bout d’une heure de marche à travers une plaine aride, couverte de monticules qui bornaient l’horizon, nous parvînmes au sommet d’une colline d’où nous eûmes la vue de Riad.


Devant nous s’ouvrait une vallée sauvage ; au pied de la colline sur laquelle nous nous tenions, se déployait la ville spacieuse et carrée, que protégent des murs épais et que couronnent de hautes tours. Un grand nombre d’édifices remarquables annoncent son importance et sa richesse ; ceux qui se détachent de la masse confuse des toits et des terrasses sont la grande mosquée, le palais de Feysoul et celui de son fils Abdalla, constructions irrégulières et d’une forme gigantesque. Tout autour de la capitale du Nedjed, sur un espace de plus de quatre kilomètres, nous apercevions des champs fertiles, de frais jardins, des palmiers touffus ; le bruit des roues et des poulies, si harmonieux à l’oreille des Arabes, arrivait jusqu’à nous et révélait la présence des puits nombreux qui arrosent cette riche campagne. Vers le sud s’étendent des plaines fécondes couvertes de plantations et de villages, au milieu desquels, grâce à la transparence de l’air, nous distinguions clairement la ville de Manfouha, grande cité presque aussi populeuse que Riad. Plus loin à l’horizon, se dressent les montagnes pittoresques de l’Yémama, comparées par un poète arabe à des épées levées un jour de bataille ; leurs cimes bleuâtres cachaient à nos regards l’immense désert du sud ou Dâna. La vallée se rétrécit à l’ouest et se dirige vers Dereya, en décrivant de capricieux méandres : au sud-ouest, la basse chaîne de l’Affadj la sépare de la ouadi Dowasir ; mais, du côté de l’est, elle se relie à la longue vallée de Soley, dont un bras s’avance vers le nord, plus loin que la chaîne centrale du Toweyk, tandis que l’extrémité méridionale, traversant une plaine sablonneuse, semée çà et là de quelques bois et de rares villages, se termine à la ville de Houta, rivale autrefois de Riad, dont elle est aujourd’hui la vassale mécontente. En cet endroit, la province de Harik borde le désert, y pénètre même au nord et à l’est, de manière à donner, pour ainsi dire, la main aux districts omanites. Enfin, dans cette même direction, une longue ligne grisâtre ferme la perspective ; ce sont les sommets du Toweyk oriental qui dérobent à notre vue les champs du Haça et les plages du Golfe Persique. Rarement, dans mes longs voyages, il m’a été donné de contempler un aussi admirable panorama, une contrée aussi riche en beautés et en souvenirs historiques.


A chaque pas que nous faisions, des Arabes saluaient notre guide du ton cordial de vieilles connaissances. Je remarquai entre autres un jeune garçon qui accourut vers lui et baisa sa main avec un empressement et une joie qui me touchèrent profondément. C’était un pauvre orphelin des environs dont Abou-Eysa, par une générosité moins rare peut-être en Arabie qu’ailleurs, avait assuré l’existence et dirigé l’éducation jusqu’à ce qu’il fût en âge de se suffire à lui-même.


Plusieurs chemins, traversant le cimetière, conduisent aux différentes portes de Riad ; nous nous dirigeâmes vers celle du nord-est, vaste monument flanqué de tours massives et gardé par une troupe d’hommes armés de sabres. Le guide, ayant répondu à leurs questions, nous prîmes une large rue bordée de maisons hautes de deux étages et séparées les unes des autres par des mosquées, des puits destinés aux ablutions et des cours plantées d’arbres à fruits. Après avoir parcouru deux cents mètres environ, nous arrivâmes devant le palais d’Abdalla, construction récente, presque symétrique, qui se distingue des autres édifices par ses portes ornées de sculptures et ses trois rangs de larges fenêtres superposées. Des groupes de nègres et de serviteurs, assis sur les bancs qui garnissent les murs, ouvraient en nous apercevant des yeux étonnés. Un peu plus loin s’élève la résidence de Djelouvoui, frère de Feysoul. Enfin nous atteignîmes une grande place, bornée, à gauche, par le spacieux palais des monarques vouahabites, à droite, par une rangée de boutiques et de magasins. Devant nous, c’est-à-dire à l’ouest, une longue galerie couverte, soutenue par une colonnade grossière, traversait la place dans toute sa largeur et reliait le château à la grande mosquée ; le vieux roi l’a fait construire afin d’aller entendre les prières du vendredi sans exposer son auguste personne à la curiosité du vulgaire, peut-être à la perfidie d’un traître, car le sort de son père et de son grand oncle, assassinés dans le temple même, a rendu Feysoul fort timide. A l’extrémité de la galerie, des magasins terminent la place, dont la longueur totale est d’environ cent soixante mètres ; la largeur est moitié moindre. A l’ombre des murailles du palais, cinquante ou soixante femmes étaient assises devant des vases de lait, des paniers remplis de pain, de dattes, de fruits ou de légumes ; autour d’elles se réunissaient une foule d’acheteurs, et de tous côtés arrivaient des chameaux et des dromadaires pesamment chargés.


En suivant la longue muraille du palais qui, pareil à une forteresse, ne laisse apercevoir aucune ouverture, nous arrivâmes devant une porte étroite, basse, enfouie entre deux bastions. Elle donnait accès dans un sombre passage, que l’on aurait pris pour le vestibule d’une prison. Des gardes armés, les uns Arabes, les autres nègres, obstruaient le chemin, et leur mine sévère n’était pas de nature à encourager un étranger. Nous nous assîmes sur les bancs qui étaient adossés à la muraille en dehors du palais, pendant qu’Abou-Eysa entrait seul pour annoncer notre arrivée et celle du Naïb.


Bien qu’il fût tout au plus huit heures du matin, une foule nombreuse encombrait la place, car le marché était ouvert et chacun s’empressait de faire ses achats. Beaucoup de gens se retournaient pour nous regarder, cependant personne ne s’approchait de nous, réserve qui nous étonnait fort.


Enfin, au bout d’une demi-heure, un individu grand, maigre, à la physionomie intelligente, mais cauteleuse et peu sympathique, s’avança vers nous ; ses vêtements, que ne profanait pas le moindre fil de soie, étaient néanmoins fort riches et annonçaient un rang élevé. Ce personnage, nommé Abdel-Aziz, prenait le titre de
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