Les Français dans la franc-maçonnerie russe au siècle des lumières: hypothèses et pistes de recherche”




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Vladislav Rjéoutski

Historien russe installé en France

Chercheur associé au Centre Roland Mousnier de l’Université Paris IV
et postdoctorant au CERCEC, EHESS, Paris


(2007)


Les Français dans la franc-maçonnerie
russe au siècle des lumières:
hypothèses et pistes de recherche”



Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

Courriel: jean-marie_tremblay@uqac.ca

Site web pédagogique : http://www.uqac.ca/jmt-sociologue/


Dans le cadre de: "Les classiques des sciences sociales"

Une bibliothèque numérique fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi
Site web: http://classiques.uqac.ca/


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Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/




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Jean-Marie Tremblay, sociologue

Fondateur et Président-directeur général,

LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES.

Cette édition électronique a été réalisée par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi à partir de :


Vladislav Rjéoutski


Les Français dans la franc-maçonnerie russe au siècle des lumières: hypothèses et pistes de recherche”.


Un article publié dans la revue Slavica Occitania, Toulouse, no 24, 2007, pp. 91-136.


[Autorisation formelle accordée par l’auteur le 14 avril 2008 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]


Courriel : rjeoutski@free.fr


Polices de caractères utilisée :


Pour le texte: Times New Roman, 14 points.

Pour les citations : Times New Roman, 12 points.

Pour les notes de bas de page : Times New Roman, 12 points.


Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2004 pour Macintosh.


Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)


Édition numérique réalisée le 28 avril 2008 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Québec, Canada.





Vladislav Rjéoutski

Historien russe installé en France


“Les Français dans la franc-maçonnerie russe au siècle des lumières: hypothèses et pistes de recherche”





Un article publié dans la revue Slavica Occitania, Toulouse, no 24, 2007, pp. 91-136.


Table des matières


Liste des abréviations utilisées

Introduction


La franc-maçonnerie russe face à l’Étranger : approches de la question


Les étrangers dans les loges russes


La Réunion des Étrangers


Différences de parcours maçonniques


Quelques conclusions et pistes de recherche


Annexe. Liste des francs-maçons francophones en Russie au XVIIIe siècle


Abréviations utilisées


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ANF

Archives nationales de France.

Bakounine

T. Bakounine, Répertoire biographique des francs-maçons russes (XVIIe et XIXe siècles), Paris, 1967 (1e éd. : Bruxelles, 1940).

CGIA Saint-Pétersbourg

Archives historiques centrales de la ville de Saint-Pétersbourg.

CP Russie

Correspondance politique, Russie (fonds des Archives du MAE à Paris).

Dokumenty i materialy

Dokumenty i materialy po istorii Moskovskogo universiteta, vtoroj poloviny XVIII veka [Documents et matériaux pour l’histoire de l’université de Moscou dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle]. Podg. k pečati N. A. Penčko, Moscou, 1960-1963, t. I (1756-1764), II (1756-1766), III (1767-1770, 1785).

MAE

Archives du ministère des Affaires étrangères, Paris.

MAE Nantes

Archives du ministère des Affaires étrangères, Nantes.

Mss

Manuscrits.

MV

Moskovskie vedomosti, journal.

RGADA

Archives des actes anciens d’État de Russie, Moscou.

RBS

Russkij biografičeskij slovar’ [Dictionnaire biographique russe]. Pod red. A. A. Polovceva, Saint-Pétersbourg, 1896-1918, 25 vol.

RGB

Bibliothèque d’État de Russie, Moscou.

RGIA

Archives historiques d’État de Russie, Saint-Pétersbourg.

Serkov

A. I. Serkov, Russkoe masonstvo, 1731-2000. Èncyklopedičeskij slovar’ [La Franc-maçonnerie en Russie, 1731-2000. Dictionnaire encyclopédique], Moscou : Rosspen, 2001.

SPbV

Sankt-Peterburgskie vedomosti, journal.

Vernadskij

G. V. Vernadskij, Russkoe masonstvo v carstvovanie Ekateriny II [La Franc-maçonnerie russe sous le règne de Catherine II], Petrograd, 1917.



Vladislav Rjéoutski

Lycée-collège et cours préparatoires aux grandes écoles
Centre Madeleine Daniélou, Rueil-Malmaison.
Chercheur associé au Centre Roland Mousnier, université Paris-IV.



Les Français dans la franc-maçonnerie russe au siècle des lumières:
hypothèses et pistes de recherche
”. *1


Un article publié dans la revue Slavica Occitania, Toulouse, no 24, 2007, pp. 91-136.


Introduction


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Nous voudrions proposer quelques hypothèses et pistes de recherche pour l’histoire des étrangers dans la franc-maçonnerie russe de l’époque des Lumières et plus particulièrement dans la deuxième moitié du XVIII siècle. L’éclairage que nous souhaitons donner à cette question sera spécifique, car nous laissons volontairement de côté la problématique proprement maçonnique. L’histoire de la franc-maçonnerie russe nous intéresse dans la mesure où les loges maçonniques constituent un cadre propre au développement de sociabilités diverses ; à ce titre, elles sont investies en Russie par une foule d’étrangers qui s’y rendent à cette époque et surtout sous le règne de Catherine II.

Nous comptons aussi fournir quelques renseignements biographiques sur les acteurs de ce mouvement. En effet, si tous les noms cités ici étaient déjà connus de Tatiana Bakounine, auteur du Répertoire biographique des francs-maçons russes e, l’historienne ne disposait de presque aucun élément sur bon nombre de francs-maçons français. Andreï Serkov, spécialiste de la franc-maçonnerie russe des XIX et XXee siècles, reprend ces noms dans son impressionnant dictionnaire biographique des francs-maçons russes 2.


Un avertissement est nécessaire : bien qu’on parle de « Français dans la franc-maçonnerie russe », il n’est pas toujours facile de distinguer les sujets du roi de France d’autres européens francophones : Goguel est originaire de Montbéliard qui, au moment de son départ pour la Russie, ne faisait pas partie du royaume de France, le prince de Ligne est sujet autrichien, né en Flandres, mais de langue maternelle française. Sans vouloir étendre la liste à tous les francophones, nous avons pris le parti d’inclure dans l’annexe, avec les Français, les originaires des Flandres, de la Suisse et de la Savoie francophones.


Selon la légende, Pierre I découvre la franc-maçonnerie en Angleterre, lors de son premier voyage en Europe. Mais rien n’atteste l’existence de loges maçonniques en Russie du temps de Pierre le Grand. L’essor de l’Art Royal en Russie ne commence réellement que dans les années 1750. Les étrangers jouèrent un rôle des plus importants dans ce développement. Si le mérite de l’introduction de la franc-maçonnerie en Russie revient aux Britanniques, parmi lesquels le général (capitaine) James Keith (au service russe depuis 1728), nombre de loges, particulièrement dans la deuxième moitié du siècle, seront redevables aux ressortissants de territoires allemands. Le rôle et les effectifs des Français dans ce mouvement étaient relativement modestes. Toutefois, leur participation à la franc-maçonnerie russe présente un intérêt considérable pour un historien de l’émigration française en Russie, car plutôt que d’être régie par une logique interne à la franc-maçonnerie, elle suit à notre avis les évolutions identitaires de ces étrangers, qui leur suggèrent autant de formes de sociabilité. Même s’il est séduisant de pouvoir étendre les résultats de notre démonstration à tous les francs-maçons étrangers, la possibilité de cette extrapolation doit être prouvée dans chaque cas à part.


La franc-maçonnerie russe face à l’Étranger :
approches de la question



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V. Bratchev estime que l’historien de la franc-maçonnerie russe ne manque pas de sources, notamment pour la période allant de 1780 à 1822, date de l’interdiction de la franc-maçonnerie en Russie er. Cette abondance de sources et l’intérêt pour un sujet ressenti en Russie comme délicat, voire scandaleux en raison des possibles implications de la franc-maçonnerie dans la politique, ont contribué à la multiplication de publications sur la question 3. Parmi les thèmes abordés avant la révolution de 1917, quelques-uns attiraient particulièrement les historiens, par exemple le rôle de la franc-maçonnerie dans le mouvement social en Russie, notamment l’affaire Novikov et les réseaux décembristes, les recherches morales et les idées philosophiques des francs-maçons russes de cette période, etc. Dernièrement, les études maçonniques ont connu un nouvel essor. Pour la période qui nous concerne, l’idée essentielle qui s’en dégage est le caractère progressiste de la franc-maçonnerie, vue comme une fenêtre sur l’Occident et un laboratoire de la société civile en Russie. Les contempteurs des francs-maçons, dans la nouvelle historiographie russe, appartiennent à une mouvance « patriotique », voire nationaliste 4. La discussion tourne donc en grande partie autour de la question de l’influence étrangère, en l’occurrence occidentale, en Russie.


Malgré ces constats, et un peu paradoxalement, les francs-maçons étrangers dans la Russie du XVIII siècle n’ont pas été beaucoup étudiés. Dans le petit aperçu de la franc-maçonnerie russe qu'il donne dans sa célèbre History of Freemasonry, R. F. Gould souligne le rôle de divers étrangers dans l’introduction de l’Art Royal en Russie e. Plusieurs pages du livre majeur d’Alexandre Pypine sur la franc-maçonnerie russe sont consacrées aux Frères étrangers et notamment à quelques francs-maçons avignonnais 5. Gueorgui Vernadski revient sur cette question dans son étude de la franc-maçonnerie russe sous le règne de Catherine II 6. On peut encore citer le travail de Tira O. Sokolovskaïa sur la franc-maçonnerie suédoise en Russie 7.


Parmi les chercheurs contemporains, Pierre-Yves Beaurepaire parle de la « filière russe » dans la mesure où plus d’un franc-maçon français a fait l’expérience de l’expatriation en Russie 8. Il cite par exemple Jean-Bénédicte Schérer, auteur des Anecdotes intéressantes et secrètes de la Cour de Russie, tirées de ses Archives, voyageur, professeur. L'activité de Schérer répond à l’image d’une franc-maçonnerie cosmopolite et universelle, incarnée par de nombreux Français expatriés. Mais en France, l’œuvre maçonnique qui pose comme principe la référence à l’Autre et à la fraternité universelle, va à l’encontre de la politique centralisatrice et nationale du Grand Orient de France. P.-Y. Beaurepaire met aussi à jour l’utilisation des réseaux maçonniques lors de la préparation d’un voyage en Russie, par exemple dans le cas d'un diplomate, auteur de Mémoires, le chevalier Bourrée de Corberon. La piste maçonnique peut être révélée aussi dans le cas de certains autres Français ayant fait un séjour en Russie (par exemple, le baron de Tschudi ou Tschudy, et un recruteur de colons pour la Russie, Meunier de Précourt). La franc-maçonnerie autorise la transgression des barrières sociales. Cette ouverture s’opère non seulement vers le haut mais aussi vers le bas de l’échelle sociale. En Russie, Corberon entretient des relations avec Érasme Pincemaille, simple parfumeur à Moscou, mais également maçon averti et influent 9.


Parmi les derniers travaux, citons aussi le livre de Douglas Smith Working the Rough Stone 10, spécialement consacré à la franc-maçonnerie russe du XVIII siècle. Parmi maints autres aspects, l’auteur donne une étude statistique, essentiellement sur la base des travaux de Serkov e. Ses conclusions vont dans le sens de l’interprétation de la franc-maçonnerie russe comme un phénomène de sociabilité ouverte où la mixité sociale et professionnelle est de règle. En effet, si les loges sont surtout fréquentées par les militaires et les fonctionnaires civils russes, la part des marchands n’est pas négligeable : on estime que sur un peu plus de 3000 maçons connus dans la Russie du XVIII, 54% environ sont au service de l’État, 23% ont un rang qui va du quatrième (conseiller d’État effectif ou général-major) au huitième (assesseur de collège ou major) et appartiennent donc à la noblesse héréditaire, et 17% sont marchands ou, plus rarement, fabricants, banquiers, aubergistes, libraires et artisans e. Smith s’intéresse aussi à la composition « nationale » 11 des loges et constate que si la plupart des francs-maçons sont russes, beaucoup sont polonais, allemands (principalement, dit-il, des Baltes), quelques-uns britanniques et français. Si les Russes et les Polonais sont souvent nobles, les « Allemands », les Britanniques et les Français sont surtout roturiers. L’auteur note aussi l’existence de quelques loges urbaines où les étrangers prédominaient 12.


Douglas Smith se réfère à Anthony Cross, le meilleur spécialiste des migrations entre la Russie et la Grande-Bretagne au siècle des Lumières, qui a consacré une étude intéressante aux Frères britanniques dans la Russie de cette période 13. A. Cross analyse le cas de quelques loges à dominante britannique sous Catherine II, et particulièrement La Parfaite Union. Fondée en 1771 à Saint-Pétersbourg, cette loge se distingue par une concentration des représentants d’une « nation », avec la présence de quelques Russes, Français et autres étrangers 14. Cette loge a été décrite dans le calendrier maçonnique (Freemasons Calendar) pour l’année 1777 : c’est la première loge régulière établie dans l’empire de Russie formée par « des marchands anglais qui résident là-bas ». En 1771 et 1772, il y avait en tout 12 membres et 17 visiteurs britanniques sur un total de 75 membres et visiteurs. Cette loge réunissait la fleur de l’establishment britannique : William Gomm, qui succéda à l’Italien Brigonzi comme maître en chaire, était probablement le plus grand marchand et banquier de la communauté britannique en Russie ; Samuel Swallow exerçait les fonctions de consul général de Grande-Bretagne et d’agent de la Russian Company ; John Cayley était un commerçant en vue ; Timothy Raikes était un commerçant et banquier des plus importants... Les Russes affiliés à cette loge appartenaient à la haute société. En 1772, la Grande Loge d’Angleterre imposa à La Parfaite Union de reconnaître l’autorité d’Ivan Élaguine. Celle-ci envoya une pétition au Grand Maître d’Angleterre, le duc de Beaufort, dans laquelle elle contestait sa décision en ces termes : La Parfaite Union doit rester une loge britannique dont la fondation et l’existence revêtent un caractère « national », « a British Lodge whose Foundation and Existence is national » 15. Mais elle dut finalement céder à la pression de ses supérieurs et reconnaître l’autorité d'Élaguine. Anthony Cross remarque avec perspicacité qu’à quelques exceptions près, les membres de cette loge ne manifestèrent plus jamais d'intérêt pour la franc-maçonnerie.


Les étrangers dans les loges russes


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Cependant, ce cas n’est pas du tout exceptionnel : maintenant que les listes des membres de la majorité des loges russes de cette période sont publiées 16, nous pouvons voir que l’absolue majorité des loges montre une forte dominante russe ou étrangère. Les chiffres sont révélateurs ; ainsi, dans les loges de Saint-Pétersbourg :


- Grande Loge Provinciale d’Angleterre : 24 Russes, 8 étrangers ;

- Apollon : 25 étrangers, 8 Russes ;

- Bellone : 34 Russes, 6 étrangers ;

- Zur Verschwiegenheit : sur les membres dont les noms sont connus, il y a 205 étrangers et 43 Russes ;

- Mildtätigkeit zum Pelikan : 181 étrangers, 20 Russes ;

- Les Neuf Muses : 69 Russes, 25 étrangers, etc.


À Moscou, la situation est à peu près la même :


- L'Astrée : 45 Russes, 4 étrangers ;

- Prieuré de la VIII province : 20 Russes, 4 étrangers ;

- L'Harmonie : 13 Russes, 1 étranger ;

- Clio : 39 Russes, 12 étrangers ;

- L'Amitié (Droujba ou Drouzia) : 20 étrangers, 1 Russe, 2 d’origine inconnue, etc. e


On pourrait prolonger cette liste : presque toutes les loges sont composées de cette manière. Il y a une forte dominante, l’autre élément, russe ou étranger, selon le cas, ne dépasse presque jamais un quart des membres de la loge et parfois tombe même à un dixième des effectifs. Quand c’est l’élément étranger qui domine, il s’agit la plupart du temps de noms à consonance allemande. Les Britanniques, comme Anthony Cross l’a démontré, sont concentrés surtout dans quelques loges. Les Français, quant à eux, sont présents dans beaucoup de loges, mais rarement en nombre important. Cf. à Saint-Pétersbourg :


- Apollon : dominante étrangère, 25 étrangers dont 5 Français ;

- L'Astrée : dominante russe, 2 étrangers dont 1 Français ;

- Bellone : dominante russe, 6 étrangers, pas de Français ;

- Zur Verschwiegenheit : dominante étrangère, 205 étrangers dont 9 Français ;

- Mildtätigkeit zum Pelikan : dominante étrangère, 181 étrangers dont 7 Français ;

- Les Neuf Muses : dominante russe, 25 étrangers tout de même, pas de Français, etc.


À Moscou :


- L'Astrée (une autre loge que celle qui a été citée plus haut) : dominante russe, 4 étrangers dont 1 Français ;

- Prieuré de la VIIIe Province : dominante russe, 4 étrangers, pas de Français ;

- Clio : dominante russe, 12 (ou probablement 11, voir infra) étrangers dont 6 (ou 5) Français ;

- L'Égalité (Ravenstva) : dominante russe, 5 étrangers dont 3 Français ;

- Zu drei Fahnen : dominante étrangère, 50 étrangers dont 12 Français ;

- L'Amitié : dominante étrangère, au moins 20 étrangers dont 1 Français, etc.


Qui plus est, il existe des loges exclusivement étrangères, et elles ne sont pas si rares. Douglas Smith en a cité trois, La Réunion des Étrangers à Moscou ; la Loge Écossaise L’Impériale, formée exclusivement de maçons au sens propre du terme, d’extraction écossaise, que l’architecte Cameron fit venir pour mener à bien ses projets de construction à Tsarskoïe Sélo ; et la loge Sainte Catherine (connue aussi comme St.Catharina zu den drei Säulen [Sainte-Catherine aux Trois Colonnes]), où on trouve néanmoins 5 ou 6 Russes sur un total de 31 membres. À celles-ci on pourrait ajouter quelques très petites loges, et quelques loges plus grandes comme la loge Eleusis, avec 43 membres, apparemment tous étrangers, dont 4 Français, et la loge L'Amitié, presque entièrement étrangère. Mais, de la même manière, on pourrait citer des loges exclusivement ou presque exclusivement composées de Russes, comme la Némesis, la Horus ou l’Osiris à Saint-Pétersbourg. L’analyse quantitative de la composition des loges semble suggérer qu’il y a une forte tendance à un enfermement « national », dont le sens exact doit être défini.


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